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// #2 – LE QUATRIEME ROI MAGE / ANTONIO EXPOSITO //
Les éditions du Panseur  / Nos rendez-vous / Nouveauté / // #2 – LE QUATRIEME ROI MAGE / ANTONIO EXPOSITO //

La légende parle d’un homme qui, à l’instar des trois Rois mages (Gaspard, Balthazar et Melchior), devait être le témoin d’une naissance et donner un cadeau au nouveau-né. Cependant, ce quatrième ambassadeur arriva en retard. La famille et l’enfant ayant fuit la fureur et le massacre d’Hérode, il ne put accomplir la mission qui lui était confiée. Ce serait-il perdu en route ? Quelque chose ou quelqu’un l’aurait-il retenu ? La légende ne le dit pas, mais le quatrième Roi Mage aurait alors distribué les cadeaux, initialement destinés à Jésus, à chacun des enfants qu’il croisa.

Qui aurait pu prévoir qu’en ouvrant Le Quatrième Roi Mage, l’interprétation d’Antonio Exposito, j’allais tomber sur l’histoire du père Noël digne d’une tragédie shakespearienne ? Que j’allais tomber sur la lecture la plus bouleversante de ma vie ? Que cette histoire allait me faire éditeur ?
Je me suis baigné dans le régicide et le fratricide, je me suis écorché sur le rasoir des lignes du destin, j’ai plongé dans le cauchemar d’un homme hanté par la grande gueule d’une hydre, j’ai été témoin d’un amour aussi puissant que dévorant.
J’ai surtout vécu un récit initiatique à l’envers, une trajectoire qui ne se conclue pas par un accomplissement ou un acte de bravoure. D’emblée, j’ai été avec un personnage qui avait cela, et c’était sa folie. J’ai vu celui qui choisit le Don pour se par-donner ses retards, sa faiblesse et ses manques.
J’ai retrouvé une femme au nom d’Amour, un personnage féminin fascinant qui m’a bouleversé par son regard sur le monde. Et son livre est retranscrit ici.
J’ai écouté un conte magnifique décrivant un geste pur, un acte sans compromis, splendide, pour en percevoir son revers.

Parce que j’aime philosopher – en amateur – je crois avoir lu la preuve, par l’épreuve que traverse le héros de cette histoire, du non-avènement du « Surhomme » et la fin de « l’éternel retour » Nietzschéen.
On ne peut s’en rendre compte que rétrospectivement, mais ces idées ont finalement malmené ma vie de jeune-homme qui se voulait toujours mieux, toujours plus, à (se) dépasser, à (se) surpasser, sans faille, sans tache, sans aspérité, et n’être que « Volonté de Puissance » et qu’importe si cette volonté écrase l’autre, mettant de fait de la distance entre moi et le monde.
Si le personnage de Bjørn / Nol incarne le Surhomme – l’absolu d’un contre / l’absolu d’un pour – vous verrez le prix de son éternel retour.

C’est pourquoi à travers ce texte, par l’expérience qu’il m’a donnée à vivre, j’ai pu saisir le fond de ces idées nécessairement déformées par ma compréhension et mon sensible, et j’ai vu émerger de nouveaux possibles, tant philosophiques que théologiques.
J’ai espéré cet homme sans majuscule. J’ai voulu, pour lui, qu’il trouve comment s’inscrire en ce monde, tel que chacun est, permettant ainsi de le faire ensemble, tel que nous sommes.
Je me suis saisi d’une nouvelle idée : « l’éternel détour » de nos humanités, et de cette spirale ouverte aux deux bouts dont m’a tant parlée Antonio, cette spirale qui bat du cœur vers l’extérieur et de l’extérieur vers le cœur dans un même mouvement.

Ce fut ma compréhension de ce texte.

Il faut savoir que la lecture du Quatrième Roi Mage est exigeante. Accéder à cette histoire nécessite une attention de chaque instant et, paradoxalement, « un lâcher prise ».

Le premier tirage d’un livre ne sera jamais exempt de coquilles malgré tous les moyens mis en œuvre pour vous tendre un contenu sans fautes. Néanmoins, nombre de « fautes » n’en sont pas. Dans son usage du langage écrit, Antonio nous force à nous tordre en tordant le commun de notre discours, enchâssant ses phrases, enchâssant sa pensée en détours pour nous mener là où on ne l’imaginait pas. Il nous force à mettre en doute ce que nous connaissons de l’écrit et de ses règles, pour faire émerger une musique et un sens qui lui sont propres.

Mon travail d’éditeur ne fut et ne sera pas de vous amener aux mêmes conclusions que moi, mais que votre lecture de cette histoire ne soit que le commencement de votre parole.

« Une histoire est de rencontres qui rendent conte. […] Elle voyage plus loin, en qui l’a entendue, elle attend un nouveau souffle pour se redéployer. Son silence est son commencement en nous, son silence nous rend notre parole… En espoir d’un deux-venir entre le disant et l’entendant : le lien. Celui dont la voix est le fil et l’oreille le nœud. Une bonne histoire prologue, puis prolonge ces deux-là. Les mots ne sont que la partie émergée d’un rêve commun qui se transmet, et ils répéteront de voix en voix, en l’accent de chacun, le message. Une bonne histoire fait le lien, mais aussi délie l’élan. » p.266.

Quoi que vous trouviez dans ce livre, il est difficile de passer, indifférent, au travers. Soit on le rejette totalement, soit on fait une plongée vertigineuse dans une parole nouvelle. Il faudra probablement du temps, beaucoup de temps, pour comprendre de quelle façon ces mots nous saisissent ou pour quelles raisons nous les refusons. Et quoi qu’on en pense, il y aura une marque, parfois au plus profond.
Je vous souhaite une agréable lecture.

Jérémy Eyme
Fondateur des éditions du Panseur

 

Pour commander ce livre, n’hésitez pas à vous adresser à votre libraire, ou en naviguant sur La Place des libraires.

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