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// CONTRE AMAZON / Pour acheter mieux, vendons mieux // 2sur2
Les éditions du Panseur  / Nos rendez-vous / Non classé / // CONTRE AMAZON / Pour acheter mieux, vendons mieux // 2sur2
Nous y sommes, aujourd’hui est le vendredi noir.
Avant d’essayer d’apporter ma contribution aux réflexions et actions pour faire du #BlackFriday un #VendrediNoirPourAmazon, je me répète : Les éditions du Panseur sont solidaires des libraires, éditeurs et auteurs engagés pour sensibiliser le public des effets délétères d’Amazon.
 
Ma contribution serait d’ouvrir la boîte noire d’Amazon et de « son monde ». Je vous embarque avec moi pour passer du côté fournisseur de la plus grosse librairie du monde. Accrochez-vous, c’est parti…
Pour une structure comme Les éditions du Panseur, Amazon propose deux offres auxquelles je peux adhérer : Amazon Market Place ou Amazon Avantage.
 
Avec Amazon Market Place, je me raccorde à leur plateforme et je reçois les commandes passées par un lecteur sur Amazon, selon les conditions suivantes (alors c’est un peu chiant cette histoire, parce qu’il existe différentes solutions) :
 
/1/ Via Dilicom (logiciel de gestion des commandes commun à toute la chaine du livre) => 35% de remise pour Amazon (c’est à dire que sur le prix de vente H.T. d’un livre que paie un lecteur, 35% revient à Amazon) (je crois que Dilicom demande un supplément à son abonnement annuel pour cela).
/2/ Via Amazon (en créant un compte chez eux) :
– Si <40 produits vendus par mois => 15% + 0,99 € par article vendu
– Si >40 produits vendus par mois => 15% + 39€ HT d’abonnement mensuel
Dans tous les cas, il faut expédier la commande sous 24h, frais de port à ma charge (ou à la charge de l’acheteur).
 
Avec Amazon Avantage, je fournis à Amazon un stock qui sera renouvelé en permanence afin de répondre à 2 jusqu’à 4 semaines de commandes clients. Le renouvellement et le volume de ce stock sont uniquement déterminés par des critères quantitatifs tels que « ventes passées », « estimation des ventes futures », soit le comportement d’achat des consommateurs, selon les conditions suivantes :
– 50% de remise pour Amazon (45% si le chiffre d’affaires dépasse 100 000€, ce qui équivaudrait à 16 877 « L’homme qui n’aimait plus les chats » vendus par Amazon),
– expédier la commande sous 24h,
– les commandes sont avec capacités de retour à la charge du fournisseur.
– et tout cela me coute, en plus, 49,99 € TTC par an !
 
Le fait est qu’en souscrivant à ces offres, j’adhère à une prestation de service. Je deviens CLIENT d’Amazon. Et ainsi, je ferai partie de son monde…
 
Concernant le livre, on pourrait penser que 50% de remise, vente avec capacité de retour, franco de port (aller/retour), sont inacceptables pour un fournisseur (ou éditeur), mais que pour un revendeur, c’est jackpot – et pendant ce temps-là, les libraires se battent et sont loin d’avoir leurs 36% de remise de base comme espérées lors des Rencontres Nationales de la Libraire 2019.
 
Pour comprendre pourquoi un fournisseur accepte de telles conditions de vente, il faut regarder ce qu’est Amazon à l’heure actuelle.
Amazon est la plus grande place de marché au monde, le seul espace de vente qui peut assurer une présence permanente de livre dans ses entrepôts, sans le moindre filtre ! Tant que ça se vend, ça se vendra ; et plus ça se vend, plus ça se vendra, qu’importe si le livre contient de la merde !
Amazon est le seul espace de vente qui ouvre ses portes à tous, et je peux vous assurer qu’il est très tentant de « payer » pour cela, vu l’extrême difficulté pour se faire une place dans le monde du livre, qu’importe si le bouquin est bon ou non !
 
Tout fournisseur est soumis à ce fait : un livre qui n’est pas placé en librairie n’est pas un livre qui se vend !
Certes, tout livre est commandable en libraire, mais cela est parfois laborieux pour l’acheteur comme pour le libraire : contacter le fournisseur, convenir des conditions de vente, connaître les frais de port, évaluer s’ils seront refacturés au lecteur, recontacter le lecteur pour valider avec lui cette surfacturation, réceptionner la livraison, recontacter le lecteur, attendre qu’il vienne, facturer.
 
Et je crois qu’il ne faut pas se méprendre, beaucoup ont intérêt à avoir un revendeur comme Amazon avec ce mode de fonctionnement. Des éditeurs, des contenus et des auteurs n’existent que grâce à Amazon.
Ce n’est pas qu’Amazon les respects, non, c’est juste que la plus grosse librairie du monde ne contient aucun libraire et donc ne porte aucun jugement sur eux.
Aucun filtre n’est posé sur ce que les fournisseurs pourraient vendre – c’est pour cela qu’on y retrouve du révisionnisme et autres apologies nauséabondes. Amazon ne fait que satisfaire ses « clients », et les fournisseurs (groupes de distribution, gros, moyens, petits éditeurs et auteurs autoédités) sont des « clients » de la même façon que l’acheteur final.
 
Désolé de le répéter – c’est que cela m’interroge tellement – à partir du moment où je vends mes livres sur Amazon, je suis son client et fais partie de son monde… Ce ne sera pas malgré moi, c’est contractuel ! Mais si je suis contre Amazon alors que je suis avec lui, serais-je finalement contre moi ? Et je me demande, comment décemment ne proposer que 36% aux libraires qui porteraient mon livre en coup de coeur ? Comment ?
 
Rajoutons à cela toute la problématique fiscale et sociale d’Amazon…
Moi, éditeur autodistribué et autodiffusé, qu’est ce que je peux faire face à tout ça ?
 
Rien.
 
Tout simplement rien.
Et ce n’est pas pessimiste ni défaitiste, c’est bel et bien ma solution : ne pas vendre sur Amazon, ne pas jouer le jeu pour ne pas être pris dans cette mécanique, pour ne pas nourrir l’ogre, qu’il n’ait aucun produit dans son antre.
 
Pour une fois que ne rien faire est la solution…
 
Jérémy Eyme
Fondateur des éditions du Panseur
 
#PourAcheterMieuxVendonsMieux
#TuVeuxCeLivreVaEnLibrairie
#StopAmazon

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